petites morts sans importance
&
poésie de supermarché

 

 

dans l'autre monde

 

 

J’attends à nouveau que l’autre vienne te prendre,
qu’il t’emmène sur ces terres où tu m’évites,
et que tu fermes encore à double tour la chambre
quand chacun de tes sourires signe ta fuite.

Dans l’autre monde,
là où tout t’est supportable.

Je te regarde partir et sans jamais te retenir,
je me fais une raison et je fais l’oraison,
je porte mes mains à mes lèvres que tu te lèves,
tu portes tes mains à tes oreilles que je m’éveille.
Et je ne dirai rien,
et tu n’entendras rien.

Tu attends à nouveau que l’autre vienne me prendre,
qu’il m’emmène sur ces terres où je t’évite,
et que je ferme encore à double tour la chambre
quand chacun de mes sourires signe ma fuite.

Dans l’autre monde,
là où tout m’est supportable.

Je te regarde souffrir et sans jamais compatir,
je m’automne en saison et je creuse le fond,
tu portes tes mains à tes lèvres que je me lève,
je porte mes mains à mes oreilles que tu t’éveilles.
Et tu ne diras rien,
et je n’entendrai rien.