petites morts sans importance
&
poésie de supermarché

 

 

la colère

 

 

Si loin nos premiers baisers,
la dernière preuve que nous avons été,
quand plus rien ne nous lie sinon le passé.
A nos pieds, deux ombres s'étiolent,
s'étirent dans des directions opposées,
partagent la nuit sans plus s'enlacer.

Et quand tu masques le ciel et les étoiles,
la colère de te sentir si près de moi,
je te regarde et je ne te reconnais pas.

Je ne sens plus ton parfum,
je ne cherche plus ta main,
je me réveille avant ton réveil,
je pars avant le lever du soleil.

Tu m'empêches, tu me retiens,
un poids mort pour éviter demain,
me garder de penser ma vie plus loin.
Dans ma tête la tempête gronde,
un orage, une bombe prête à exploser
que je contiens jusqu'à m'en épuiser.

Et quand dans ma bouche les mots sales,
la colère de t'avoir encore près de moi,
je me regarde et je ne me reconnais pas.