petites morts sans importance
&
poésie de supermarché

 

 

la lie

 

 

Je revois les visages,
je souris et je me dis
quel bonheur, quelle chance
d'avoir bu jusqu'à la lie
ces quelques bras,
corps chauds serrés,
pour se protéger du froid,
l'ivresse partagée.

Maintenant qu'il est trop tard,
je contemple et je m'égare
dans les souvenirs d'un autre temps.

J'avais si peur
des coups de foudre,
j'en avais un paratonnerre
au dessus du cœur,
me croyant à l'abri,
sûr de ne rien perdre
faute d'avoir chéri,
je baissais la tête.

Maintenant qu'il est trop tard,
je contemple et je m'égare
dans les souvenirs d'un autre temps.

Quand au hasard des mains,
j'apprenais à aimer
sans penser au lendemain,
sans jamais demander.
Faire juste par envie,
sans savoir le besoin,
comme une fête à la vie,
célébrer le bien.

Maintenant qu'il est trop tard,
je contemple et je m'égare
dans les souvenirs d'un autre temps.

Mais je revois les visages,
je souris et je me dis
quel bonheur, quelle chance
d'avoir bu jusqu'à la lie.