petites morts sans importance
&
poésie de supermarché

 

 

pas de chance

 

 

Il n'est pas de raison, de cause, d’explication,
de voyage ou d’errance,
s'écarter du chemin, poursuivre son destin,
tenter ailleurs sa chance.

Garder dans un combat la violence et l’émoi
quand l'espace s’étire,
le vide nous sublime, les amours assassines
nous réservent le pire.

Le chaud et le froid glissent entre mes doigts
sans retour en arrière
et face au miroir, je me perds dans les draps,
dans un lit de prières.

Mais chaque nouveau mot se transforme couteau,
s’immisce dans nos veines
quand les peaux souillées, humides de nos baisers
s'abandonnent à la peine.

Orphelin des caresses, étourdi par l'ivresse
des bouches qui s’avancent,
le corps engourdi, ne fait plus aucun pari
sous les arbres qui penchent.

Sans autre rendez-vous que d'être à genoux
l'innocence s’incline,
je m'éloigne et je vois, je ne reconnais pas,
tout devient invisible.

Il n'est pas de raison, de cause, d'explication,
de voyage ou d'errance,
un cœur trop lâche, les mains se détachent,
la faute à pas de chance.