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petites morts sans importance & poésie de supermarché
sans autre option
Je t'aime
quand tu n'es pas là, quand tu apparais
au coin du bâtiment, que tu me captes un instant,
tu fais semblant.
je t'aime
de dos, quand tu me dépasses,
casquette vissée et que je n'ai que ta nuque
comme peau.
Je t'aime
sans rien connaître de toi, ni ton rire,
ni le son de ta voix, juste ton ombre au sol
qui s'étiole.
Je t'aime
dans le métro, quand je rentre chez moi,
que je compte nos mètres ensemble, que je regrette
de ne pas oser.
Je t'aime
dans mon lit, avant d'ouvrir la nuit,
quand je rêve de m'inviter dans tes rêves
pour t'aimer.
Je t'aime
des heures, des semaines, des mois
avant de te retrouver sans jamais savoir quand,
pour quelques secondes.
Je t'aime
quand bien même il n'y aura rien de plus
que ta nuque, ton ombre, nos mètres, mes regrets.
Sans autre option.

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