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petites morts sans importance & poésie de supermarché
un hot dog S.V.P.
L'herbe sera toujours plus verte dans le pré du voisin. Nul besoin d'île pour vivre la tentation dans le monde gay. Nous avons juste la particularité d'échapper partiellement au conditionnement d'une culture judéo chrétienne culpabilisante et de conventions sociales inhibitrices.
Il y aura toujours plus drôle, plus cultivé, plus riche et plus sexy surtout, sur la serviette d'à côté, que ce soit au bord d'un lac dans le Périgord ou sur une plage à Sitgès. Face à cette offre exponentielle, difficile alors de prendre le temps de se connaître et de se reconnaître. Il suffit de lire la plupart des indicateurs de profils mis en avant sur les applications spécialisées dans l'industrialisation de la rencontre gay : taille, poids, longueur du sexe, pratiques qui vont avec en bonus quelques photos d'un phallus pathétiquement dressé comme un trophée en hommage à un désir déconnecté et cette explication mathématique sincère au demeurant : "au plus je fais de rencontres, au plus j'ai de chances de tomber sur le bon".
L'amour se résumerait donc à une équation de la probabilité ? Je ne juge pas, j'essaie de comprendre, d'apprendre et je me questionne. Le plaisir est une bonne chose, mais pas une fin en soi ; enfin, je ne crois pas. J'ai parfois, si ce n'est souvent, cette impression que la quête d'un autre se transforme souvent en fuite. Mais tôt ou tard, nous sommes tous confrontés à un souhait plus ou moins avoué d'être deux un peu plus longtemps que quelques orgasmes aussi bons et répétés soient-ils. Mais bon, il y a toujours, jamais bien loin, une herbe bien verte dans le pré d'un voisin.
Toutes ces rencontres, ces espaces partagés font des tranches d'amour, de plaisir, de petits ou grands bonheurs mais d'amertume et de solitude aussi. Et, empilés au fil des années, tous ces ingrédients ne sont rien d'autre que le sandwich de notre vie.
La saucisse ? Ketchup ou mayo ?

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