petites morts sans importance
&
poésie de supermarché

 

 

tu es mon coeur, tu es mon âme

 

 

Cet article, objectivement subjectif, a pour but de réhabiliter le fer de lance de l'électro-pop-trash-porno-transgressive allemande : le groupe Modern Talking.

Le drame originel date de 1984 avec le titre phare du 1er album "you're my heart, you're my soul", décliné par la suite en une soixantaine de versions qui combleront l'oeuvre de son compositeur, specialiste du clavier éveil musical Fisher Price (le modèle à 6 touches, à partir de 4 ans). Le secret de Modern Talking ? Des mélodies basiques et des textes accessibles aux sourds et malentendants. Le second album et le single "cheri cheri lady" confirment l'engouement du public pour le rose pastel, mais c'est le troisième album dont est extrait "brother Louie" qui les fait culminer au sommet des charts. A partir de cette période, le diesel teuton montre des signes de fatigue : désinvestissement de Thomas, la brune feignasse davantage addict à son sèche-cheveux qu'aux studios d'enregistrement ; despotisme de Dieter, la blonde, qui veut tout gérer, radin jusqu'aux rouleaux de papier toilette qu'il recycle pour les décors de ses clips. La rutpure, inévitable survient courant 1987, après trois autres albums tout de même (six en trois ans, soit exactement le nombre de mes rapports intimes sur la période).

Chacun s'en va de son côté mener une carrière solo : sous le soleil d'Amérique latine pour Thomas, sa base de fans gualtématèques assurant dorénavant ses frais de coiffure ; Dieter châtiera quant à lui dans les pays à forte radioactivité post-Tchernobyl désormais habitués aux catastrophes apocalyptiques. Puis, en 1998, les retrouvailles que l'on sait mais que l'on a déjà oubliées, avec un come-back digne d'Alien qui les propulse en tête des ventes mondiales. Suivent cinq nouveaux albums, essentiellement des plagiats de ce qui se fait de pire sur la scène dance européenne.

Sitôt les caisses remplies, le naturel revient au galop et le groupe, après avoir limité la promotion de ses nouvelles productions dans les pays de l'Est où l'investissement financier est moindre et les troubles de l'audition plus sévères, se sépare de nouveau, juin 2003, après plus de cent vingt millions de disques vendus depuis le début de leur carrière, tout en planifiant leur comeback pour 2034, année de sortie de leur "you're my heart, you're my soul crematorium prostatic remix". Depuis et en attendant, sortent environ deux compilations par an (là encore dans un parallèle troublant avec ma vie sexuelle).

Si la voix appartient à Thomas Anders, ex miss mélanome de la cabine de bronzage, le cerveau atrophié de Modern Talking n'est autre que l'auteur-compositeur Dieter Bohlen, qui a produit une pléiade d'artistes de l'ex Stasi, Outre-rhin, mais aussi des stars internationales comme Bonnie Tyler ou Dionne Warwick alors victimes d'un épisode de confusion mentale. Il a aussi sévi pendant (en lettres c'est plus douloureux) treize albums et vingt huit singles en tant qu'interprète dans sa formation "Blue System". Mais ses éructations à la limite du supportable (râle bronchiteux resté sans solution malgré les avancées du téléthon), laissent perplexe.

L'autre grand succès international de Dieter, depuis la Tchétchénie jusqu'au Bengladesh, est la chanteuse, souffrant de décompensation respiratoire, C. C. Catch, considérée comme la "Disco Queen" des années 80 dans les pays en voie de développement mais qui n'a jamais vraiment percé en France malgré un brushing apocalyptique certifié anti couche d'ozone, des clips réalisés par les enfants insuffisants moteur-cérébraux autistes du Goulag d'en face, une voix langoureuse unique entre la crise d'asthme et le gémissement résultant de l'introduction anale, par inadvertance, d'un oursin.

Hormis une prédispostion au sentiment d'embarras de chantonner instinctivement le refrain lorsqu'un de leurs titres passe en radio, on doit à Modern Talking quelques prodiges comme ce fait-divers relaté par un journal allemand dans les années 90 : une jeune fille plongée dans le coma depuis plusieurs mois, se serait réveillée grâce au titre "you're my heart, you're my soul" lancé en boucle par sa mère (active partisane de l'euthanasie). L'article tait que, sitôt réveillée, la miraculée a lévité au dessus du lit, puis tournoyé en vomissant et enfin, fracassé sa génitrice d'un coup de tête magistral avant de la défenestrer (depuis, pour la ranimer, son mari lui passe des albums de Céline Dion, en vain). L'enfant, adulte aujourd'hui, garde peu de séquelles de cet épisode si ce n'est une surdité définitive.

A quand la béatification ?



 

Aux mâles autoproclamés gardiens du bon goût musical souffrant de Moderntalkingphobie intériorisée